BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
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PUBLICATION BIMESTRIELLE
I
MAI-JUIN 1973
zoologie
10J
N° 137
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, parait depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Ecologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
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toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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Botanique : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 137, mai-juin 1973, Zoologie 101
SOMMAIRE
L. Euzet et J. Carvajal-Garay. — Rhinebothrium (Cestoda, Tetraphyllidea) para¬
sites de Raies du genre Psammobatis au Chili. 779
L. Euzet et M.-C. Durette-Desset. — Diplectanum cayennensis n. sp. (Monogenea)
parasite branchial de Plagioscion auratus (Castelnau, 1855) (Téléostéen, Sciae-
nidae) sur les côtes de Guyane. 789
L. Euzet et C. Maillard. — Sur deux Microcotylidae (Monogenea) parasites bran¬
chiaux de Téléostéens du genre Diplodus (Sparidae). 795
L. Euzet et D. M. Suriano. — Plectanocotyloides obscurum n. g., n. sp. (Monogenea)
parasite branchial d ’ Aspitrigla obscura (Téléostéen) en Méditerranée. 807
R. P. Dollfus et L. Euzet. — Nouvelles données sur Paracyclocotyla cherbonnieri
Dollfus, 1970 (Monogenea). 815
137, 1
Rhinebothrium (Cestoda, Tetraphyllidea)
parasites de Raies du genre Psammobatis au Chili
par Louis Euzet et Juan Carvajal Garay *
Résumé. — Trois nouveaux Tétraphyllides Phyllobothriidae sont décrits chez les Psammo¬
batis du Pacifique Sud : Rhinebothrium chilensis chez Psammobatis lima variété épineuse, Rhine¬
bothrium leiblei chez Psammobatis lima variété lisse et Rhinebothrium scobinae chez Psammobatis
scobina. Le genre Rhinebothrium est signalé pour la première fois chez les Rajidae.
Abstract. — Three new Tetraphyllids Phyllobothriidae are described in Psammobatis of
the South Pacific Océan : Rhinebothrium chilensis in Psammobatis lima thorny variety, Rhine¬
bothrium leiblei in Psammobatis lima smooth variety and Rhinebothrium scobinae in Psammobatis
scobina. The genus Rhinebothrium is noted for the first time in Rajidae.
Sur les côtes pacifiques du Chili, on a jusqu’à présent signalé deux Sélaciens Hypo-
trèmes du genre Psammobatis : Psammobatis lima Poeppig, 1855, et Psammobatis scobina
(Philippi, 1857).
Tout récemment le D r Leible a distingué parmi les Psammobatis lima deux formes :
une forme à disque lisse que l’on rencontre surtout au sud, du 33°20' jusqu’au 37°40' de
latitude sud et une forme à disque épineux que l’on pêche plus au nord, du 33 o 20' jusqu’au
29°55' de latitude sud.
Nous avons trouvé ces Sélaciens parasités par des Cestodes Tétraphyllides que nous
avons récoltés suivant plusieurs méthodes.
A la mer, les parasites sont recueillis après une dissection rapide de la valvule spirale
de la raie. Certains individus sont aplatis entre lame et lamelle et fixés à l’alcool à 70° ;
d’autres exemplaires sont plongés quelques heures dans le liquide de Bujor, ce qui empêche
leur contraction lors de la fixation in toto dans le mélange alcool-formol.
Dans certains cas, la valvule spirale ligaturée est sectionnée au niveau du rectum puis
détachée au milieu de la partie ascendante de l’estomac et injectée par ce côté pylorique
avec du formol à 8 %. La valvule fermée par un lien au niveau de l’injection est conservée
dans le formol à 5 %. La dissection de l’intestin ainsi préparé et la recherche de parasites
peuvent alors se faire au laboratoire.
Les vers entiers ont été colorés soit à l’hématoxyline de Delafield, soit au carmin aluné
de Grenacher. Quelques individus ont été débités en coupes sériées transversales de 5 p
d’épaisseur et colorés avec le glychemalum et l’éosine.
* Euzet Louis, Laboratoire de Parasitologie comparée, Université des Sciences et Techniques du Langue¬
doc, place E. Bataillon, 34060 Monlpellier-CEDEX.
Carvajal G. Juan, Departemento de Biologia, Escuela de Medicina, Universidad calolica deChile, Casilla
] 14 D, Santiago, Chile.
137 , 2
780
LOUIS EUZET ET JUAN CARVAJAL-GARAY
D’après la morphologie du scolex et l’anatomie de leurs segments, les Tétraphyllides
récoltés peuvent être placés dans le genre Rhinebothrium. Mais ils représentent des espèces
nouvelles dont nous préciserons, dans la description ci-après, les caractères distinctifs.
Rhinebothrium chilensis n. sp.
Hôte : Psammobatis lima var. épineuse.
Habitat : valvule spirale.
Localité : côtes nord du Chili.
M atériel étudié : 10 individus colorés in toto ; 1 débité en coupes sériées transversales.
Holotype déposé au Museo Nacional de Historia Natural de Santiago (Chile) sous le n° 20 005.
Paratypes déposés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris (collection helmintholo-
gique) sous les n os Sb 267 et Sb 268.
Les vers adultes mesurent jusqu’à 45 mm de longueur et 0,4 mm de largeur. Le stro-
bile est composé de nombreux anneaux nettement craspédotes. Chez un individu de 43 mm
de longueur nous en avons compté 280 dont les 80 postérieurs seulement sont plus longs
que larges. Les derniers qui mesurent 0,6 mm de longueur et 0,4 mm de largeur ne sont
pas gravides. Le pore génital latéral alterne irrégulièrement. Nous avons récolté quelques
proglottis détachés avec l’utérus contenant des œufs en formation. Rhinebothrium chi-
lensis est euapolytique. En coupe transversale, le strobile se distingue par un cortex épais
et une musculature longitudinale sous-épidermique importante.
Fig. 1-2. — Rhinebothrium chilensis n. sp.
1, allure générale du scolex ; 2, scolex d’après une préparation in toto .
RHINEBOTHRIUM PARASITES DE RAIES
781
Le scolex est formé par quatre bothridies loculées et par un long pédoncule céphalique
musculeux (2,5 mm de long et 0,25 mm de diamètre) (fig. 1).
Chaque bothridie ovalaire a sa surface subdivisée en locules par des septes musculaires
transverses. Leur disposition est schématisée sur la figure 3.
On distingue toujours très nettement une logette antérieure impaire ovalaire, puis
une série de 36 locules séparés en deux groupes de 18 par une zone centrale non loculée.
Cette zone marque l’insertion des muscles qui rattachent la bothridie au scolex. Dans la
série postérieure un septe médian longitudinal subdivise les deux premiers locules (pénul¬
tième et antépénultième). Une logette subtriangulaire termine l’ensemble (fig. 3).
En général, les bothridies sont pliées en Y au niveau du pédoncule. Les bords présen¬
tent de chaque côté une nappe de fibres musculaires qui rejoignent les moitiés antérieures
et postérieures. La logette terminale est ainsi au niveau de l’apicale. Les deux moitiés repliées
en cuiller forment avec la partie centrale une dépression en godet (fig. 2).
Nous avons compté, dans les deux tiers antérieurs des anneaux, de 35 à 45 testicules
disposés en deux champs latéraux sensiblement égaux (un poral, un antiporal). Chaque
champ compte deux rangées parallèles d’une dizaine de testicules. Il n’y a pas de champ
postvaginal (fig. 4).
Le canal déférent forme un important peloton dans la région médio-dorsale des seg¬
ments, au niveau de la poche du cirre dans laquelle il pénètre par la face antérieure (fig. 5).
La poche globuleuse, située immédiatement en arrière des testicules, s’ouvre dans un
atrium génital latéral bien marqué. Elle mesure 125 p. X 100 p et contient un cirre épineux
dilaté dans sa partie basale.
L’ovaire tétralobé est situé dans le tiers postérieur des segments (fig. 4). Le vagin
s’ouvre dans l’atrium génital en avant de la poche du cirre. 11 forme d’abord une partie dilatée
à paroi musculaire assez épaisse et à lumière ciliée qui atteint le plan médian. Le vagin
se continue par un canal étroit, contourné, qui croise le peloton du canal déférent puis
descend dans le centre de l’anneau jusqu’à l’ovaire (fig. 5). Là, le vagin se rétrécit énor¬
mément et, par un mince canal fermé par un petit sphincter, débouche dans l’oviducte.
L’oocapte musculeux, en général bien marqué, est situé au niveau du pont qui unit
les quatre lobes de l’ovaire. L’oviducte très contourné décrit une anse antérieure avant de
recevoir le vagin. Il forme ensuite une boucle postérieure dont la branche ascendante,
marquée par le débouché du vitelloducte médian, donne l’ootype entouré par les glandes
de Mehlis. Ces cellules glandulaires très développées sont toujours visibles comme une
masse importante entre les cornes postérieures de l’ovaire (fig. 4). Sur les coupes, nous
avons pu distinguer deux types parmi ces cellules ; les postérieures ont un cytoplasme
très granuleux, différent du cytoplasme homogène des cellules antérieures.
Les vitellogènes latéraux forment de chaque côté des segments deux bandes de folli¬
cules : une dorsale, une ventrale. Cette dernière est interrompue du côté poral à la hauteur
de l’atrium génital et de la poche du cirre. Les vitelloductes transverses se détachent dans
la partie tout à fait postérieure de l’anneau. Ils s’unissent ventralement sur le plan médian
et donnent le vitelloducte impair qui se jette dans l’oviducte juste avant l’ootype.
L’utérus sacciforme occupe toute la région médio-ventrale des anneaux en avant de
l’ovaire. Les œufs sont inconnus.
782
LOUIS EUZET ET JUAN CARVAJAL-GARAY
3
Fig. 3-5. — Rhinebothrium chilensis n. sp. 3, disposition schématique des locules dans une bothridie ;
4, anatomie d’un segment, vue ventrale ; 5, coupe transversale au niveau de la poche du cirre.
C., cirre ; Co., cortex ; Def., canal déférent ; Ov., ovaire ; P.C., poche du cirre ; Ut., utérus ; Vit., vitello-
gènes ; Vg., vagin ; V.d., vaisseau excréteur dorsal ; V.v., vaisseau excréteur ventral.
Discussion
Parmi les espèces actuellement placées dans le genre Rhinebothrium, sept seulement
présentent des bothridies avec une seule rangée de locules transversaux.
Ce sont :
Rhinebothrium minimum Van Beneden, 1850.
Hôte : Dasyatis pastinaca.
Bothridies à 11 locules, 4 à 5 testicules.
Rhinebothrium trygonis Shipley et Hornell, 1906.
Hôte : Dasyatis walga.
Bothridies à 7 à 8 locules, nombre de testicules inconnu.
Rhinebothrium rankini Baer, 1948.
Hôte : Dasyatis centroura.
Bothridies à 23 locules, 50-55 testicules.
RHINEBOTHRIUM PARASITES DE RAIES
783
Rhinebothrium palombii , Baer, 1948.
Hôte : Dasyatis violacea.
Bothridies à 23 locales, 100 testicules.
Rhinebothrium cadenati Euzet, 1954.
Hôte : Zanobatus schoenleini.
Bothridies à 4 locules, 12-14 testicules.
Rhinebothrium bilolatum Young, 1955.
Hôte : Urobatis halleri.
Bothridies à 20 locales, 6 testicules.
Rhinebothrium fïlamentosum Subhapradha, 1955.
Hôte : Rhinobatus granulatus.
Rhinobat us s ch le geli.
Bothridies à 9 locules, 5 testicules.
Ces deux dernières espèces sont à revoir.
Aucune ne présente des bothridies avec 38 locules, dont les 2 postérieurs sont subdi¬
visés par une cloison longitudinale et un appareil mâle avec un nombre de testicules variant
de 35 à 45.
Nous estimons que le Tétraphyllide que nous avons récolté chez Psammobatis lima
variété épineuse représente une nouvelle espèce pour laquelle nous proposons le nom de
Rhinebothrium ehilensis n. sp.
Rhinebothrium leiblei n. sp.
Hôte : Psammobatis lima var. lisse.
Habitat : valvule spirale.
Localité : côtes sud du Chili.
Matériel étudié : 12 individus colorés et montés in loto.
Holotype déposé au Museo Nacional de Historia Natural de Santiago (Chile) sous le n° 20 000.
Paratypes déposés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris (collection helmintholo-
gique) sous les n os Sb 269 et Sb 270.
Les vers adultes mesurent jusqu’à 52 mm de longueur et 0,75 mm de largeur. Le cou
est très long. Nous avons compté, chez un individu de 48 mm, 310 segments très craspé-
dotes. Les anneaux s’allongent très lentement et deviennent aussi longs que larges. Seul
le dernier mesure 1 mm sur 0,6 mm. Rhinebothrium leiblei est euapolytique.
Le scolex ressemble beaucoup à celui de Rhinebothrium ehilensis. Il est formé de quatre
bothridies nettement pédonculées et d’un long pédoncule céphalique (2,5 mm).
Les bothridies ovalaires, qui mesurent 800 p à 900 p sur 250 p, ont toute leur surface
subdivisée par des septes musculaires transverses. On peut distinguer une logette anté¬
rieure presque circulaire, 60 locules et un locule terminal.
Dans quelques rares cas, nous avons pu observer la cloison longitudinale qui subdivise
137, 3
784
LOUIS EUZET ET JUAN CARVAJAL-GARAY
les deux derniers locules. Cette cloison est toujours plus nette dans le pénultième que dans
l’antépénultième (fig. 6).
Comme chez R. chilensis les bothridies peuvent se plier en V. Chaque moitié antérieure
et postérieure, qui compte 30 locules, est située de part et d’autre d’une zone centrale où
vient s’attacher la musculature du pédoncule. Les bords latéraux des bothridies possèdent
aussi une zone musculaire qui relie les deux moitiés, mais la cavité centrale en godet est
ici beaucoup moins nette.
L’anatomie ressemble énormément à celle de l’espèce précédente (fig. 7). Nous avons
compté de 36 à 46 testicules disposés en deux champs latéraux dans les deux tiers antérieurs
des anneaux. 11 n’y a pas de champ postvaginal. Le canal déférent forme un gros peloton
dorsal sur le plan médian au niveau de la poche du cirre. Celle-ci mesure 125 p. X 100 p..
L’ovaire tétralobé occupe le tiers postérieur des segments. Le vagin débute en avant
de la poche du cirre et croise le canal déférent. Les glandes de Mehlis sont très nettes entre
les cornes postérieures de l’ovaire. Les vitellogènes latéraux forment deux bandes assez
larges, l’utérus est médian ventral.
7
Fig. 6-7. — Bhinebothrium leiblei n. sp. 6, schéma de la répartition des locules dans une bothridie ;
7, anatomie d’un segment, vue dorsale.
Discussion
Par son anatomie cette espèce est très voisine de Rhinebothrium chilensis, mais elle
s’en sépare par la morphologie du scolex, en particulier par le nombre plus important des
locules des bothridies (62 au lieu de 38).
Mais il faut souligner que ces deux espèces paraissent chacune spécifique d’une des
deux variétés de Psarnmobatis lima que le D r Leibi.k. a distinguées.
C’est en son honneur que nous proposons de nommer cette espèce Rhinebothrium
leiblei n. sp.
RHINEBOTHRIUM PARASITES DE RAIES
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Rhinebothrium scobinae n. sp.
Hôte : Psammobatis scobina.
Habitat : valvule spirale.
Localité : San Antonio (Chili) 33°20' latitude sud.
Matériel étudié : 30 individus colorés et montés in toto.
Holotype déposé au Museo Nacional de Historié Natural de Santiago (Chile) sous le n° 20 007.
Paratypes déposés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris (collection helmintholo-
logique) sous les n os Sb 271 et Sb 272.
Les individus mesurent de 3 mm à 5 mm de longueur. La largeur maxima est de 0,3 mm.
Le nombre de segments varie de 25 à 35. Les anneaux deviennent lentement plus longs
que larges. Chez un individu de 4,2 mm de longueur totale, nous avons compté 31 segments ;
le 25 e mesure 0,15 mm X 0,15 mm et le dernier, trois fois plus long que large, 0,6 mm X
0,2 mm. Nous n’avons pas observé d’anneaux gravides. Ce Cestode doit être euapolytique.
Le scolex est composé de quatre bothridies pédonculées variables dans leur morpho¬
logie. Etalées, elles mesurent 500 p. de longueur et 150 p, de largeur ; mais en général elles
sont plus contractées (lig. 8). La surface interne de chaque bothridie est subdivisée en locules
par des septes musculaires transverses. Leur disposition est schématisée à la figure 9. Il
y a neuf locules dans la partie antérieure, dont un apical ovalaire ressemble à une ventouse,
et huit locules dans la moitié postérieure. Le terminal est subtriangulaire ; de son sommet
antérieur part une cloison médio-longitudinale qui subdivise les deux derniers locules (pénul¬
tième et antépénultième). Comme chez les espèces précédentes, cette subdivision est souvent
difficile à mettre en évidence et n’est vraiment nette que dans les bothridies étalées. Entre
les deux parties, on distingue une zone sans cloison nette où viennent s’attacher la majorité
des muscles du pédoncule de la bothridie.
En général, la partie antérieure est étalée en feuille, la logette apicale rejetée vers
l’extérieur, la partie postérieure, après l’insertion des muscles, repliée en godet (fig. 8).
Il semble que cette partie soit destinée à enserrer les villosités intestinales, tandis que
l’antérieure est glissée entre ces villosités. Il existe une nappe de filtres musculaires qui relie
de chaque côté les deux lobes des bothridies. Le pédoncule céphalique esl très court.
Nous avons compté de 18 à 24 testicules dans les deux tiers antérieurs des anneaux.
Ils sont disposés en deux files régulières, l’antiporale descendant un peu plus lias que la
porale. Comme chez les deux espèces précédentes, le canal déférent forme de nombreuses
circonvolutions dans la partie médio-dorsale au niveau de la poche du cirre. Celle-ci, glo¬
buleuse (100 (jl X 60 p.), contient un long cirre épineux élargi à la hase.
L’ovaire massif tétralobé est situé dans le tiers postérieur des segments. Le vagin s’ouvre
dans l’atrium génital en avant de la poche du cirre. Il forme d’abord une chambre élargie
à paroi musculaire assez épaisse et à lumière ciliée. Cette partie dilatée atteint le plan médian
et se continue par un canal contourné qui croise le canal déférent et descend dans le centre
de l’anneau jusqu’à l’ovaire.
Le complexe génital ne paraît pas différent de celui de Rhinebothrium chilensis.
786
LOUIS EUZET ET JUAN CARVAJAL-GARAY
Les vitellogènes latéraux forment des bandes longitudinales — une dorsale, une ven¬
trale — de chaque côté des segments. La bande ventrale est interrompue au niveau de
l’atrium génital. L’utérus sacciforme médian occupe toute la région ventrale. Nous n’avons
pas observé de proglottis gravide.
Fig. 8-10. — Rhinebothrium scobinae n. sp. 8, scolex d’après un montage in toto ; 9, schéma de la disposition
des locules dans une bothridie ; 10, anatomie d’un segment, vue ventrale.
Discussion
Le parasite de Psammobatis scobina se différencie nettement de Rhinebothrium. chi-
lensis et de Rhinebothrium leiblei par le nombre de locules des bothridies et par le nombre
des testicules des anneaux. Il est aussi différent de tous les Rhinebothrium déjà décrits avec
des bothridies à une seule rangée de locules.
Nous le considérons donc comme une espèce nouvelle pour laquelle nous proposons
le nom de : Rhinebothrium scobinae n. sp.
Il faut remarquer que les trois espèces de Rhinebothriinae que nous venons de décrire
possèdent des bothridies bâties sur le même plan : septes musculaires transverses délimitant
une série de locules et septe médio-longitudinal subdivisant les deux locules postérieurs
pénultième et antépénultième. Chez les trois scolex, les bothridies pliées en leur milieu
RHINEBOTHRIUM PARASITES DE RAIES
787
forment un lobe antérieur et un lobe postérieur. Une nappe de fibres musculaires relie de
chaque côté les deux lobes au niveau du pli, déterminant ainsi une dépression centrale
plus ou moins prononcée. Il reste à étudier maintenant les scolex en place dans la valvule
spirale pour connaître la signification fonctionnelle exacte de cette morphologie.
Jusqu’à présent les Tétraphyllides du genre Rhinebothrium et les Rhinebothriinae
en général ont été récoltés surtout chez les Sélaciens Trygoniformes. Nous signalons pour
la première fois des représentants du genre Rhinebothrium dans la valvule spirale de Psani-
mobatis, c’est-à-dire chez des Sélaciens classés parmi les Rajidae.
Chez ces Hypotrèmes, on n’avait jusqu’à présent signalé comme Phyllobothriidae à
bothridies loculées que des Echeneibothriinae. Ces Cestodes sont caractérisés par la présence
d’un myzorhynque antérieur entre les quatre bothridies loculées.
A la lumière de cette découverte, deux questions doivent être retenues pour expliquer
ce parasitisme : la position systématique exacte des Psammobatis et les conditions écolo¬
giques des biotopes dans lesquels elles vivent.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Baer, J. G., 1948. — Contribution à l’étude des Cestodes de Sélaciens. I-IV. Bull. Soc. Neuchâtel
Soi. Nat., 71 : 63-122.
Bden, F. de, 1959. — Lampreas, tiburones rayas y peces en la estacion de Biologia marina de
Montemar, Chile. Rev. Biol. Mar., 9 (1-3) : 3-200.
Euzet, L., 1954. — Parasites de Poissons de mer Ouest Africains récoltés par J. Cadenat. I. Ces¬
todes Tétraphyllides de Sélaciens (note préliminaire). Bull. IFAN, sér. A, 16 : 126-138.
— 1959. — Recherches sur les Cestodes Tétraphyllides des Sélaciens des côtes de France.
Thèse Montpellier, 1956. Causse, Graille, Castelnau, Montpellier, 263 p.
Leible, M. D. — Sobre dos variedados de Psammobatis lima. Boln. Mus. Hist. Nat. Santiago
Chile (sous presse).
Shipley, A, et J. Hornell, 1906. — Cestode and Nematode parasites from marine fîshes of Cey-
lan. Herdmann’s Report on the Pearl oysters Fisheries, Part 5 : 43-94.
Subhapradha, C. K., 1955. — Cestodes parasites of fîshes of Madras coast. Indian J. Helminih.,
7 (2) : 41-132.
Van Beneden, P. J., 1850. — Recherches sur la faune littorale de Belgique, les vers cestoïdes.
Mém. Acad. r. Sci. Belgique, 15 : 1-199.
Young, R. T., 1955. — Two new species of Echeneibothrium from the stingray Urobatis halleri.
Trans. Am. Microsc. Soc., 74 : 232-234.
Manuscrit déposé le 16 août 1972.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 137, mai-juin 1973,
Zoologie 101 : 779-787.
Achevé d'imprimer le 31 janvier 197é.
Diplectanum cayennensis n. sp. (Monogenea)
parasite branchial de Plagioscion auratus (Castelnau, 1855)
(Téléostéen, Sciaenidae) sur les côtes de Guyane
par Louis Euzet et Marie-Claude Durette-Desset *
Résumé. — Description de Diplectanum cayennensis, espèce nouvelle reconnaissable, parmi
les espèces placées dans le genre Diplectanum, à l’oncosité qui marque la lame des crochets dorsaux
et à la morphologie du pénis.
Abstract. — Description of Diplectanum cayennensis new species which differs from the
other species of the genus Diplectanum by the presence of a protubérance on the blade of the dorsal
hooks and by the morphology of the pénis.
Au cours d’une mission en Amérique du Sud, nous avons recueilli les parasites de quel¬
ques Téléostéens marins. Sur les branchies de Plagioscion auratus, nous avons découvert
un Monogène Monopisthocotylea de la famille des Diplectanidae. Ce parasite s’est révélé,
à l’étude, être une espèce nouvelle du genre Diplectanum.
Ces Monogènes étaient extrêmement nombreux sur tous les arcs branchiaux et ils ne
semblaient pas localisés de façon précise ni sur l’arc, ni sur les filaments.
Certains individus recueillis vivants ont été placés entre lame et lamelle et fixés dans
de l’alcool à 75°. Les branchies parasitées ont été plongées en entier dans le formol à 8 %.
Après lavage, les Diplectanum restés en place ont été recherchés et récoltés à notre retour
au laboratoire.
Diplectanum cayennensis n. sp.
Hôte : Plagioscion auratus (Castelnau, 1855), Sciaenidae 1 .
Habitat : branchies.
Localité : Cayenne (Guyane).
Matériel étudié : 50 individus colorés et montés in toto.
Types et paratypes déposés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris (collection
helminthologique) sous les numéros : Ti 180-181.
* Euzet Louis, Laboratoire de Parasitologie comparée, Université des Sciences et Techniques du Langue¬
doc, place E. Bataillon, 34060 Montpellier-CEDEX.
Durette-Desset Marie-Claude, Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national
d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris.
1. Nous remercions ici M. Kramer de l’Institut Pasteur de Cayenne qui a pêché ces poissons.
790
LOUIS EUZET ET MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
Les individus recueillis à divers états de contraction mesurent de 400 (x à 500 fx de lon¬
gueur et 100 fx environ de largeur au niveau de l’ovaire. Le hapteur postérieur est nette¬
ment plus large que le corps (180 [X à 200 p.) (fig. 1). La surface du corps est presque tota¬
lement recouverte par des écailles épidermiques. Ces écailles, à pointe aiguë dirigée vers
l’avant, sont écartées dans le tiers postérieur (fig. 3). On les retrouve sur les parties latérales
du hapteur. Les écailles sont plus arrondies et plus serrées dans le tiers moyen où elles sont
imbriquées comme les tuiles d’un toit (fig. 2). Elles diminuent régulièrement de taille et
disparaissent en avant des taches oculaires.
Dans la région antérieure, débouchent de chaque côté de l’apex trois organes cépha¬
liques adhésifs. Ce sont des amas de petits bâtonnets qui paraissent être la sécrétion de
glandes situées, plus en arrière, de part et d’autre du pharynx (fig. 1).
3
Fig. 1-4. — Diplectanum cayennensis n. sp.
1, animal in toto en vue dorsale ; 2, disposition imbriquée
des écailles épidermiques au niveau de l’ovaire ; 3, dis¬
position des écailles épidermiques pointues en avant des
squamodisques ; 4 a et b, aspect du pénis vu sous deux
angles différents.
DIPLECTANUM CAYENNENSIS N. SP.
791
La bouche subterminale s’ouvre ventralement sur la ligne médiane. Le pharynx pro-
tractile forme un bulbe musculeux de 35 p environ de diamètre.
Sur la face dorsale, en avant du pharynx, on distingue deux paires de grosses taches
oculaires dépourvues de cristallin.
Le pore génital médio-ventral s’ouvre un peu en avant du milieu du corps. Le vagin
latéral est situé sur le côté gauche, en arrière du pore génital.
Le hapteur plus large que le corps est, comme chez tous les Diplectanidae, précédé de
deux squamodisques, un dorsal et un ventral. Il est armé de deux paires de grands crochets
réunis par trois pièces transversales et de quatorze crochetons marginaux.
Les squamodisques se présentent comme une cupule surbaissée légèrement plus large
que longue (120 p X 100 p).
Toute leur surface est recouverte par de petites pièces sclérifiées plus ou moins alignées
et dont la disposition permet de définir quatre secteurs, un antérieur, deux latéraux et un
postérieur (fig. 5).
Dans le secteur antérieur, les pièces, alignées en files, sont élargies à chaque extrémité
et articulées les unes aux autres par ces extrémités. Elles forment ainsi une dizaine de séries
en demi-cercles concentriques autour d’une rangée médiane antérieure en U à branches
très resserrées. La dernière série complète, très ouverte, marque la limite du secteur anté¬
rieur.
Dans les secteurs latéraux droit et gauche, nous avons compté de 16 à 18 rangées
subparallèles de pièces articulées, le nombre de pièces diminuant de l’avant vers l’arrière.
Dans le secteur postérieur, les sclérifications beaucoup plus petites ne sont pas au
contact. Elles forment un semis où l’on peut reconnaître des alignements faisant suite aux
séries articulées des secteurs latéraux.
Il y aurait donc au total une trentaine de rangées qui, du U initial antérieur, sont
de plus en plus ouvertes.
Les squamodisques sont bordés par une fine et mince membrane musculaire difficile
à voir chez les individus fixés.
Les crochets ventraux ont un manche épaissi et une garde assez longue. La lame,
beaucoup plus longue que le manche, se termine en croc à pointe aiguë.
Ces crochets ventraux mesurent 1 :
a : 45 p, h : 35-42 p. c : 25-30 p
d : 12 p f : 18 p g : 12 p
La pièce transversale ventrale est longue, assez étroite, amincie en son centre sur le
plan médian et terminée en pointe tronquée à ses deux extrémités. Elle mesure de 130 p
à 150 p de longueur.
Les crochets dorsaux ont un manche épaissi et ne paraissent pas avoir de garde. La
lame courbée, très effilée, est marquée dans sa concavité par une expansion en pointe mousse.
Cette structure morphologique se retrouve plus ou moins prononcée chez les crochets de
divers Ancyrocephalidae (fig. 5).
Les crochets dorsaux mesurent :
a : 40 p h : 33 à 35 p c : 18 à 20 p
1. Nous usons des mesures definies par Euzet et Oi.iver dans leur travail de 1966 sur les Larnello-
discus des Diplodus.
137 , 4
792
LOUIS EUZET ET MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
Fig. 5. — Diplectanum cayennensis n. sp. Armature du hapteur et squamodisque en vue ventrale.
Les deux pièces transversales dorsales sont latérales. Elles sont élargies en palette
et rapprochées sur le plan médian. Légèrement courbées sur le côté elles se terminent au
niveau du manche des crochets dorsaux. Elles mesurent de 70 p à 90 p de longueur.
Les quatorze crochetons sont disposés symétriquement, sept de chaque côté, cinq
ventraux et deux dorsaux. Leur disposition correspond à celle donnée par Paling chez
Diplectanum aequans (Wagener, 1857).
La bouche ventrale donne accès à une petite cavité buccale où s’ouvre le pharynx.
L’œsophage est très court. Les deux branches intestinales descendent latéralement de
chaque côté du corps et se terminent en cul-de-sac en avant des squamodisques.
Le testicule globuleux est situé dans la moitié postérieure du corps. Le canal déférent
remonte entre les cæcums sur le côté gauche. Il aboutit avec le canal d’une grosse vésicule
prostatique dans un pénis médian sclérifié.
Le pénis sans pièce accessoire est court et massif (de 45 p à 65 p de longueur). Il com¬
prend une base dorsale pleine et une partie creuse où débouchent le canal déférent et la
vésicule prostatique. La paroi plus ou moins épaisse porte une ornementation où l’on peut
distinguer, selon l’angle d’observation, un épaississement en demi-cercle, une boucle pleine
et un petit tube creux. Celui-ci entoure la partie distale du pénis, rétrécie et légèrement
coudée (fig. 4 a et 4 b).
Le long réservoir prostatique élargi à la base diminue de diamètre jusqu’au conduit
qui pénètre dans le pénis. Dans le réservoir, on peut souvent distinguer deux régions, une
DIPLECTANUM CAYENNENSIS N. SP.
793
postérieure très granuleuse et une antérieure plus homogène. Une couche plus sombre
marque parfois la limite des deux zones, mais nous n’avons pas observé un anneau jaune
net comme chez Diplectanum aequans.
L’ovaire prétesticulaire débute sur le plan médian et entoure la branche droite du
tube digestif. Il se continue par un oviducte ventral.
Le vagin s’ouvre sur le côté gauche du corps, un peu en avant de l’ovaire. Il donne accès
à une chambre globuleuse à paroi sclérifiée. La sclérification forme des épaississements
dont le plus important dessine un demi-cercle qui paraît creux. Un fin canal fait communi¬
quer la chambre vaginale avec le réceptacle séminal situé entre elle et l’ovaire.
Les glandes vitellogènes entourent les branches de l’intestin et forment deux larges
bandes latérales depuis le pharynx jusqu’aux squamodisques. Les deux bandes se rejoi¬
gnent sur le plan médian, en arrière du testicule.
Les vitelloductes transverses se détachent au niveau de l’oviducte. Le carrefour génital
est difficile à distinguer chez les individus fixés en place. L’utérus ventral, marqué à sa base
par le débouché des glandes de Mehlis, se termine au pore génital en arrière du pénis. Nous
n’avons pas observé d’œufs.
Discussion
Aucune espèce actuellement connue et placée dans le genre Diplectanum ne possède :
— des crochets dorsaux avec une oncosité dans la concavité de la lame ;
— un pénis massif compliqué à son extrémité distale.
Nous considérons donc le Monogène que nous venons de décrire comme une espèce
nouvelle pour laquelle nous proposons le nom de Diplectanum cayennensis n. sp.
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LOUIS EUZET ET MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
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Achevé d’imprimer le 31 janvier 1974.
Sur deux Microcotylidae (Monogenea)
parasites branchiaux de Téléostéens du genre Diplodus (Sparidae)
par Louis Euzet et Claude Maillard *
Résumé. — Description de deux Microcotylidae, récoltés chez les Sars en Méditerranée occi¬
dentale. L’un est assimilé à Atriaster heterodus Lebedev et Parukhin, 1969, dont l’anatomie est
précisée. L’autre est une espèce nouvelle : Atriaster seminalis n. sp.
D’après l’anatomie de leurs voies génitales femelles, on propose de distinguer deux sous-
genres : Atriaster, avec deux ouvertures vaginales dorsales et deux vagins séparés ; Atrispinum,
avec une seule ouverture vaginale médio-dorsale et un seul vagin.
Abstract. — Description of two Microcotylidae, eollectcd on Diplodus in the Mediterranean
sea. The lirst îs identified as Atriaster lieterodus Lebedev et Parukhin, 1969 ; îts anatomical
description is completed. The second is a new species : Atriaster seminalis n. sp.
Two sub-genera eau be distinguished on the basis of différences in their female génital tracts :
Atriaster , with two dorsal vaginal openings and two distinct vaginas ; Atrispinum, with only une
medio-dorsal vaginal opening and une vagina.
Dans un travail paru en 1967, Euzet et Cauwet signalaient sur les branchies des
Sars, à côté de Polylabris diplodi, quatre autres espèces de Monogènes Microcotylidae.
Nous avons, depuis, récolté un matériel suffisant pour permettre l’étude de deux de ces
parasites.
Ces Monogènes Polyopisthocotylea ont été recueillis sur les arcs branchiaux de trois
Sparidae : Diplodus sargus (L.), Diplodus cumularis (L.) et Diplodus vulgaris (Geoffroy
Saint-Hilaire). Les poissons examinés ont été péchés en majorité dans le bassin de Thau
mais plusieurs individus proviennent de la Méditerranée aux environs immédiats de Sète.
Atriaster heterodus Lebedev et Parukhin, 1969
Hôte : Diplodus sargus (L.), Diplodus annularis (L.), Diplodus vulgaris (Geoffroy Saint-
Hilaire).
Habitat : branchies.
Localité : Sète (France).
Matériel étudié : 35 individus montés in toto, 4 débités en coupes sériées transversales
et sagittales.
* Laboratoire de Parasitologie comparée, Université des Sciences et Techniques du Languedoc, place
E. Bataillon, 34060 Montpellier-CEDEX.
LOUIS EUZET ET CLAUDE MAILLARD
Exemplaires déposés au Muséum national d’Histoire natu¬
relle de Paris (collection helminthologique) sous les n os Ti 182
et Ti 183.
L’animal mesure de 3 mm à 5 mm de longueur et de
0,4 mm à 0,6 mm de largeur au niveau de l’ovaire. Le corps
proprement dit présente au tiers antérieur un étranglement
très marqué. La partie située en avant de l’étranglement est
moitié moins large que le corps (0,2 mm à 0,3 mm) (fig. 1).
Dans la région postérieure, le hapteur forme une ellipse
allongée qui représente le tiers de la longueur totale. Il porte
venlrâlement de 80 à 105 paires de pinces disposées symé¬
triquement de part et d’autre du plan de symétrie. Nous
n’avons pas observé de crochets entre les pinces terminales
qui mesurent 40 p X 30 p. La taille des pinces augmente
régulièrement jusqu’au tiers du hapteur où elles atteignent
environ 90 p X 50 p. Vers l’avant, la taille diminue à nou¬
veau et, dans la partie tout à fait antérieure, on distingue
parfois plusieurs pinces en formation.
Les mâchoires de toutes ces pinces sont soutenues par
des sclérites qui présentent la disposition caractéristique des
Microcotylidae. C’est la disposition que l’on a déjà décrite
chez Microcotyle donavini. Van Beneden et Hesse, 1863.
L’atrium génital s’ouvre ventralement à 300 p environ
de l’extrémité antérieure. Au niveau de la constriction, on
distingue dorsalement deux ouvertures vaginales rapprochées
mais symétriques par rapport au plan médio-longitudinal.
A l’extrémité antérieure tronquée, légèrement lobée,
débouchent des cellules glandulaires groupées en trois paquets,
un central et deux latéraux beaucoup plus importants.
La bouche est subterminale, ventrale. Dans la cavité
buccale qui lui fait suite s’ouvre, de chaque côté, une ven¬
touse musculaire qui mesure environ 90 p X 40 p. Le bord de
celle-ci est marqué par une rangée régulière de 100 à 120
petites aspérités. Une cloison musculaire transversale divise
chaque ventouse en deux parties légèrement inégales, la
logette latérale 1 étant plus petite que l’axiale.
Le pharynx musculeux, piriforme, s’ouvre au fond de
la cavité, à 50 p environ de l’extrémité apicale. 11 mesure
en moyenne 40 p de diamètre. L’œsophage, médian, se bifur¬
que juste en avant de l’atrium génital. Les deux branches
intestinales forment, (h 1 chaque côté du corps, de nombreux
Fig. 1. — Atriaster helerodus Lebedev et Parukhin, 1969. An in.a
in totu en vue ventrale.
SUR DEUX MICROCOTYLIDAE
797
cæcums latéraux et axiaux. Ces deux branches s’unissent juste en avant du hapteur et donnent
un diverticule qui pénètre dans l’axe du hapteur où il se termine en cul-de-sac à la moitié
de la longueur.
Appareil génital mâle
Le nombre total de testicules parait assez variable et nous en avons compté de 14 à
24 (fîg. 1). Le canal déférent, très sinueux, remonte sur la ligne médiane du corps jusqu’à
l’atrium génital qu’il contourne dorsalement. Une petite anse l’amène en direction posté¬
rieure et il se jette ainsi dans la partie antéro-dorsale de l’atrium.
Cet atrium génital, ouvert ventralement, forme une cavité grossièrement hémisphé¬
rique à parois musculeuses épaisses. L’ouverture ventrale est marquée par une couronne
de 18 à 21 épines, interrompue dans la région postérieure au débouché de l’utérus (fig. 2).
Dans cette couronne, les deux épines antérieures, nettement plus grandes, mesurent de
85 p. à 100 p. de longueur. Rapprochées l’une de l’autre, elles sont formées d’un manche
rectiligne de 75 ;x et d’une lame faleiforme, élargie vers l’extrémité (fig. 5). De part et d’autre
de ces 2 épines antérieures, on compte de 7 à 9 épines qui mesurent 55 à 70 fx de longueur
(fig. 3). Elles comportent un manche droit (40 jx) et une lame légèrement courbée à pointe
aiguë. Une petite garde marque la limite manche-lame. Toutes les épines de la couronne
ont le manche enfoncé jusqu’à la garde dans la paroi musculeuse et la lame libre dans l’atrium
génital, la pointe dirigée ventralement.
Dans la paroi dorsale de l’atrium, on distingue une rangée verticale de 5 à 9 épines
étroitement accolées (fig. 4). Ces épines centrales, qui mesurent de 50 [x à 60 [x de longueur,
ont un manche court, trapu, élargi en massue. Ce manche est enfoncé, jusqu’à une garde
Fig. 2-5. — Atriaster lieterodus Lebedev et Parukhin, 1969. 2, disposition des épines do l’atrium génital ;
3, petite épine ventrale; 4, épine centrale; 5, grande épine ventrale antérieure.
798
LOUIS EUZET ET CLAUDE MAILLARD
nette, dans les tissus. La lame recourbée, libre dans l’atrium, a sa pointe dirigée vers l’arrière.
Face à ces pointes, la paroi dorsale de l’atrium porte une plaque sclérifiée à sillons grossière¬
ment parallèles (fig. 2). 11 semble que chaque sillon corresponde à la pointe d’une épine de
la rangée centrale. Sans préjuger du mode de fonctionnement que nous n’avons pas observé,
il semble qu’épines centrales et plaque sclérifiée puissent agir comme une pince.
Appareil génital femelle
L’ovaire est situé au milieu du corps (fig. 6). Il débute postérieurement sur le côté
droit et forme deux anses antérieures successives, situées l’une au-dessous de l’autre, la
première étant la plus dorsale. L’oviducte débute sur le côté droit. D’abord très contourné,
il donne accès au canal génito-intestinal qui aboutit dans la branche droite de l’intestin.
L’oviducte se continue sur la gauche et reçoit alors le vitelloducte médian impair. Il dessine
ensuite, toujours sur le côté gauche, une petite anse postérieure marquée par une couronne
de glandes de Mehlis. Au-delà, l’ootype, dont les parois présentent des cellules glandulaires,
est peu marqué. Il se prolonge par un utérus ventral presque rectiligne et à lumière ciliée.
Cet utérus médian vient se terminer dans la paroi postérieure de l’atrium génital.
Les deux ouvertures vaginales sont dorsales. Elles ont la forme de petites fentes en
croissant, symétriques par rapport au plan médian, au niveau de l’étranglement antérieur.
La cuticule du corps dans cette zone est épaisse, surtout latéralement, et forme de nombreux
replis. Chaque ouverture vaginale se continue par un court canal qui, de chaque côté, se
jette dans un vitelloducte transverse.
Les glandes vitellogènes forment, à droite et à gauche du corps, une large bande. Elles
entourent les branches digestives et les cæcums intestinaux. Débutant un peu en arrière
de l’étranglement vaginal, elles se rejoignent dans la partie postérieure du corps. Dans le
hapteur, elles accompagnent le diverticule digestif sur la moitié de sa longueur.
Les vitelloductes latéraux se jettent dans les vitelloductes transverses dans la partie
tout à fait antérieure des glandes vitellogènes. C’est à ce niveau que, de chaque côté, débou¬
che le canal vaginal.
Les vitelloductes transverses sont allongés longitudinalement. Ils descendent ventra-
lement de part et d’autre de l’utérus et se rejoignent sur la ligne médiane, au niveau de
I ovaire. Le vitelloducte impair qui résulte de cette union se jette ventralement dans l’ovi-
ducte (fig. 6).
Les œufs sont fusiformes (160 p X 75 p), avec un filament à chaque extrémité. Un
filament est très long, fin, enroulé parfois en spirale presque régulière. L’œuf est pondu,
ce long filament en avant. Le filament postérieur, plus robuste, mesure 300 p environ de
longueur ; il se termine en crosse par un élargissement qui forme trois petites expansions.
Discussion
Nous assimilons ce parasite, trouvé sur les branchies des Diplodus en Méditerranée,
au Monogène récolté chez un autre Sparidae (Sparus heterodus) sur les côtes du Sud-Ouest
Africain et décrit, en 1969, par Lebedev et Parukhin sous le nom d’Atriaster heterodus.
Il existe cependant quelques différences avec l’espèce que nous venons d’étudier :
— le nombre de pinces du hapteur paraît plus élevé : 80-105 paires chez les parasites-
de Diplodus ; 70 comptées sur le dessin donné par Lebedev et Parukhin ;
0,25mm
Y 7(
iôQ-
Atriaster heterodus Lebedev et Parukhin, 1969. Détail de l’anatomie en vue ventrale,
déférent ; G.V., glandes vitellogènes ; O., ovaire ; O.G., ouverture génitale ; Oo., ootype ; T.,
le ; T.D., tube digestif ; Ut., utérus ; V., vagin ; V.M., vitelloducte médian ; V.T., vitelloducte
800
LOUIS EUZET ET CLAUDE MAILLARD
— les testicules sont moins nombreux (14-22) chez l’espèce que nous venons de décrire
que chez les parasites de Sparus heterodus (30-40) ;
— les épines de l’atrium semblent de taille légèrement inférieure chez nos individus ;
— mais la différence importante porte sur les vagins. En effet, Lebedev et Parukiiin
ne signalent pas de vagin et ceux-ci sont absents dans leur représentation du type.
La question reste posée de savoir si cela représente une profonde différence anatomique
ou si cette absence résulte de l’état du matériel dont disposaient nos confrères russes. Cepen¬
dant, la disposition si particulière des épines de l’atrium génital avec les deux grandes
épines antérieures dans la couronne ventrale étant identique, nous pensons que nous avons
affaire à la même espèce. Les différences que nous avons notées sont peut-être dues soit à
des races géographiques soit à des écomorphoses dépendantes de l’hôte.
Le matériel original est donc à revoir pour savoir s il est possible de distinguer les
deux vagins que nous signalons chez les parasites recueillis sur les Diplodus en Méditerra¬
née.
Atriaster seminalis n. sp.
Hôte : Diplodus sargus (L.), Diplodus annularis (L.), Diplodus vulgaris (Geoffroy Saint-
Hilaire).
Habitat : branchies.
Localité : Sète (France).
Matériel étudié : 27 individus colorés et montés in toto, 1 individu débité en coupes sériées
sagittales.
Type et paratype déposés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris (collection hel-
minthologique) sous les numéros : Ti 184 et Ti 185.
Les individus adultes que nous avons récoltés sur les branchies des Sars mesurent
de 3,5 mm à 4,5 mm de longueur et de 0,5 mm à 0,7 mm de largeur au niveau des premiers
testicules (fig. 7). Le corps proprement dit présente une très légère constriction à 0,6 mm
environ de l’extrémité antérieure qui est lobée et marquée par 3 paquets de cellules glan¬
dulaires (1 central et 2 latéraux plus importants). Cette disposition des glandes apicales
ressemble à ce que nous avons décrit chez Atriaster heterodus. L’atrium génital s’ouvre
ventralement à 0,5 mm de l’extrémité antérieure ; le vagin débute dorsalement à 0,2 mm
de l’atrium après la légère constriction du corps.
Le hapteur postérieur forme un triangle allongé sur les côtés duquel nous avons compté
de 62 à 75 paires de pinces disposées symétriquement de part et d’autre du plan médio-
longitudinal. Les pinces les plus postérieures, entre lesquelles nous n’avons jamais observé
de crochets, mesurent 40 p X 30 p. La taille des pinces augmente régulièrement et, dès
la vingtième paire, atteint 85 p X 50 p. Les pinces les plus antérieures de chaque rangée
(celles qui sont le plus près du corps) diminuent de taille et, chez certains individus, on en
distingue deux ou trois en formation.
Comme chez Atriaster heterodus, la disposition des sclérites qui soutiennent les mâchoi¬
res des pinces est celle qui caractérise le type Microcotyle.
La bouche antérieure est subterminale, ventrale. Les ventouses buccales, qui mesurent
environ 90 p X 40 p, sont subdivisées par un septe musculaire en deux logettes subégales.
Le bord de ces ventouses présente une rangée régulière de 100 à 120 petites aspérités.
SUR DEUX MICROCOTYLIDAE
801
Le pharynx musculeux a environ 35 p de diamètre.
Légèrement piriforme, il est situé dans l’axe du corps. Il
donne accès dans un œsophage médian, marqué par deux
courts cæcums latéraux. L’intestin donne au niveau de
l’atrium génital deux branches longitudinales qui des¬
cendent de chaque côté du corps, en donnant de nombreux
cæcums latéraux et axiaux. Les branches se réunissent
dans la partie postérieure du corps et forment un diver¬
ticule unique qui, pénétrant dans l’axe du hapteur, se ter¬
mine en cul-de-sac à la moitié de sa longueur.
Appareil génital mâle
Nous avons compté de 14 à 23 testicules. Le canal
déférent devient dorsal et très sinueux en avant de l’ovaire.
Il remonte ainsi sur la ligne médiane du corps jusqu’à
l’atrium génital qu’il franchit dorsalement pour aboutir
à un petit réservoir séminal piriforme. Ce réservoir forme
une anse et vient déboucher vers l’arrière dans un organe
copulateur à paroi musculaire excessivement épaisse (fig.
11). Cet organe, qui peut mesurer jusqu’à 300 p de lon¬
gueur et 225 p de largeur, rejette en position dorsale le
canal déférent et l’œsophage. On peut le considérer comme
l’exagération de la partie musculaire de l’atrium génital
de Microcotyle salpae Parona et Perugia, 1890.
La paroi dorsale de cet organe présente sur la ligne
médiane un bulbe musculeux où est implanté sur une
rangée régulière le manche de 10 à 13 épines. Une garde,
à peine marquée, sépare le manche d’une lame en croc à
pointe aiguë. Les épines du centre de la rangée mesurent
de 68 p à 78 p. La taille va en diminuant vers les bords
où les épines ne mesurent plus que de 48 p à 68 p. Face
à la pointe des lames, on a, sur la paroi de l’atrium génital,
une plaque sclérifiée irrégulière, rainurée (fig. 8 et 11).
La disposition anatomique est identique à celle que nous
avons vue chez Atriaster heterodus et il semble, là aussi,
qu’il y ait une correspondance entre le nombre des épines
et celui des rainures de la plaque.
Le bord antérieur de l’ouverture atriale est marqué
par un éventail d’épines à manche rectiligne, petite garde
et lame légèrement courbée à pointe acérée (fig. 8). Ces
épines ont le manche enfoncé dans le tissu musculaire de la
paroi (fig. 11). Les épines centrales mesurent de 55 p à 75 p.
Fig. 7. — Atriaster seminalis n. sp. Animal in toto en vue ventrale.
802
LOUIS EUZET ET CLAUDE MAILLARD
0 0.05mm 0 0025mm
Fig. 8-10. — Atriaster seminalis n. sp. 8, Disposition des épines de l’atrium génital ;
9 (a-b-c), épines ventrales ; 10, épine centrale.
V ov RC. E.C. Oe.
C.D. Ut O.G. E.V. OC. V.S. 1 1
Fig. 11. —• Atriaster seminalis n. sp. Détail de l’anatomie (coupe sagittale).
C.D., canal déférent ; E.C., épine centrale ; E.Y., épine ventrale ; O.C., organe copulateur ; Oe., œsophage ;
O.G., ouverture génitale ; O.V., ouverture vaginale ; P.C., plaque chitineuse ; Ut., utérus ; V., vagin ;
V.S., vésicule séminale.
SUR DEUX MICROCOTYLIDAE
803
de longueur ; les latérales, toujours plus petites de 35 p à 45 p, la taille allant décroissant
du centre vers le bord (fig. 9 a, b et c).
L’utérus s’ouvre ventralement dans la partie postérieure de l’atrium génital (fig. 11).
Appareil génital femelle
L’ovaire se présente comme une glande allongée qui débute par une masse sur le côté
droit du corps, en avant du testicule le plus antérieur. Il remonte en formant deux anses
successives, la première étant la plus dorsale. L’ovaire se termine ainsi sur le côté droit du
corps où débute l’oviducte très contourné. Chez certains individus nous avons remarqué
que cette région de l’oviducte était élargie et emplie de spermatozoïdes. Le canal génito-
intestinal fait alors communiquer la branche droite de l’intestin avec l’oviducte qui reçoit
immédiatement après le vitelloducte médian impair.
Sur le côté gauche du corps l’oviducte forme ensuite une anse postérieure, marquée
par une couronne de glandes de Mehlis. Chez certains individus cette rosette, très colorée
par le carmin, marque le début d’un ootype fusiforme à paroi nettement glandulaire.
L’utérus médio-ventral à lumière ciliée, qui lui fait suite, est presque rectiligne et se
termine dans la partie postérieure de l’atrium génital.
L’ouverture vaginale, dorsale, a ses bords plissés ; l’épiderme épaissi à ce niveau peut,
dans certains cas, simuler une couronne de minuscules épines. Le vagin se dirige d’abord
ventralement, puis se courbe vers l’arrière et forme, au centre du corps, une large poche
dont les parois épaisses sont plissées. Un court conduit à lumière étroite, marquée par un
petit sphincter, fait communiquer vers l’arrière cette poche avec un vaste réceptacle sémi¬
nal, en général bourré de spermatozoïdes. Ce réceptacle se continue vers l’arrière, de chaque
côté, par un court canal vaginal qui se jette dans le vitelloducte transverse correspondant.
Les glandes vitellogènes forment, à droite et à gauche du corps, une large bande de
follicules autour des branches et des cæcums intestinaux. Ces glandes, qui débutent au
niveau du vagin, se rejoignent en arrière des testicules et pénètrent dans le hapteur où elles
accompagnent, sur la moitié de son trajet, le diverticule digestif.
Les vitelloductes transverses se réunissent en Y au niveau de l’ovaire et forment le
vitelloducte médian qui, nous l’avons vu, se jette dans l'oviducte. L’ensemble des 2 canaux
vaginaux et des vitelloductes transverses forme un anneau dans lequel passe l’utérus.
Les œufs sont fusiformes avec un filament à chaque pôle. Ils mesurent environ 200 p.
de longueur et 60 p de largeur. Le filament antérieur (le premier à sortir de l’ouverture uté¬
rine) est très long, mince et enroulé en peloton. Le filament postérieur, plus robuste, mesure
77 p de longueur et se termine en crosse par un élargissement plus ou moins régulier. Ces
œufs sont très difficiles à distinguer de ceux d’ Atriaster heterodus.
Discussion
Nous plaçons cette espèce dans le genre Atriaster car l’armature de l’atrium génital
est comparable à celle d 'Atriaster heterodus avec une couronne ventrale de longues épines
et un groupe central d’épines à pointe opposées à une plaque sclérifiée.
L’espèce se distingue du type par l’importance de la paroi musculaire de l’atrium géni-
804
LOUIS EUZET ET CLAUDE MAILLARD
lal et par le vagin unique, subdivisé en deux réservoirs successifs séparés par un étroit
canal muni d’un sphincter.
Ces caractères nous paraissent suffisants pour considérer connue nouvelle l’espèce
que nous venons de décrire.
Nous proposons de la nommer Atriaster seminalis pour rappeler l’importance des réser¬
voirs séminaux.
Parmi les Microcotylidae déjà décrits, deux — Microcotyle sargui Parona et Perugia,
1890, et Microcotyle salpae Parona et Perugia, 1890 — ont une ouverture vaginale armée
de crochets dont la disposition permet de les placer dans le genre Atriaster, à côté d’Atrias¬
ter heterodus et Atriaster seminalis. Lebedev et Parukhix ont d’ailleurs proposé cette
classification pour Microcotyle sargui.
Mais l’anatomie de Microcotyle sargui se caractérise, d’après Parona et Perugia,
par une seule ouverture vaginale dorsale, marquée par une couronne de petites épines. Le
vagin dorsal, assez long, se subdivise en deux canaux qui se jettent de chaque côté à la
naissance des vitelloductes transverses. Notons que ce Microcotylidae n'a jamais été retrouvé
depuis 1890.
A. heterodus
A.sargui
s.g. ATRIASTER
A.salpae
A. seminalis
s.g. ATRISPINUM
12
Fig. 12. — Schémas comparatifs du système vaginal des espèces du genre Atriaster.
Cette disposition anatomique des voies vaginales se retrouve chez Microcotyle salpae
Parona et Perugia, 1890, ainsi que l’a revue Ktari, M. H., en 1969. On peut en faire dériver
ce que nous avons décrit chez Microcotyle seminalis.
En revanche, l’anatomie A'Atriaster heterodus est très différente avec 2 ouvertures et 2
vagins dorsaux débouchant séparément chacun dans un vitelloducte transverse.
En nous appuyant sur ces différences anatomiques, nous proposons de subdiviser le
genre Atriaster, caractérisé par la disposition des épines de l’atrium génital, en deux sous-
genres (fig. 12) :
Sous-genre Atriaster : 2 ouvertures vaginales dorsales, 2 vagins séparés.
Type : Atriaster ( Atriaster ) heterodus Lebedev et Parukhin, 1969, Euzet et Maillard emend.
SUR DEUX MICROCOTYLIDAE
805
Sous-genre Atrispinum : 1 seule ouverture vaginale dorsale, 1 seul vagin.
Type : Atriaster ( Atrispinum ) salpae Parona et Perugia, 1890.
avec les espèces :
Atriaster ( Atrispinum ) sargui Parona et Perugia, 1890.
Atriaster ( Atrispinum ) seminalis n. sp.
RÉFÉRENCES RIBLIOGRAPIIIQUES
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Téléostéens du genre Diplodus (Sparidae). Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 39 (1) : 213-
220 .
Euzet, L., et A. Marc, 1964. — Microcotyle donavini, Van Reneden et Hesse, 1863, espèce type
du genre Microcotyle Van Beneden et Hesse, 1863. Annls Parasit. hum. comp., 38 (6), 1963
(1964) : 875-886.
Ktari, M. IL, 1969. — Recherches sur l’anatomie et la biologie de Microcotyle salpae Parona et
Perugia, 1890, parasite de Box salpa L. (Téléostéen). Annls Parasit. hum. comp., 44 (4) :
425-440.
Lebedev, B. I., et A. M. Parukhin, 1969. — Monogenea of some fish from Wallfish Bay (South
Western Africa) (en russe). Gidrobiol. Zh., 5 (6) : 70-81.
Paroxa, C., et A. Perugia, 1890. — Contribuzione per una monografia del genere Microcotyle
(Res ligusticae, 14). Annali Mus. cio. Stor. nat. Genova, (1890-1891), 3 e sér., 2 10 : 173-
220 .
Manuscrit déposé le 16 août 1972.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 137, mai-juin 1973,
Zoologie 101 : 793-805.
Achevé d’imprimer le 31 janvier 1974.
Plectanocotyloides obscurum n. g., n. sp. (Monogenea)
parasite branchial (T Aspitrigla obscura (Téléostéen) en Méditerranée
par Louis Euzet et Délia M. Suriano *
Résumé. — Description d’un Polyopisthocotylea nouveau, parasite branchial d’un Téléos¬
téen benthique. La position systématique de ce Monogène parmi les Plectanocotylidae est dis¬
cutée.
Abstract. Description of a Polyopisthocotylea, branchial parasite of a benthic fish (Tri-
glidae). The systematic position of this Monogenea amongst Plectanocotylidae is discussed.
Lors de nos recherches sur le genre Trochopus qui parasite les poissons de la famille
des Triglidae, nous avons récolté à plusieurs reprises sur les branchies d 'Aspitrigla obscura
(L., 1764) un Monogène Polyopisthocotylea.
L’anatomie et la disposition des pièces sclérifiées des pinces permettent de placer
ce parasite dans la famille des Plectanocotylidae. Mais au sein de cette famille nous le con¬
sidérons comme une espèce nouvelle, type d’un nouveau genre.
Les poissons ont été pêchés dans le golfe du Lion, au large de Sète. Le Monogène très
fragile est commun, puisque 23 % des Aspitrigla obscura examinés sont parasités, en géné¬
ral, par un petit nombre d’individus. Une étude sur la répartition de ces Monogènes dans
la cavité branchiale montre qu’il n’y a pas d’arc privilégié ni de localisation précise sur
un arc.
Plectanocotyloides obscurum n. g., n. sp.
Hôte : Aspitrigla obscura (L., 1764).
Habitat : branchies.
Localité : Sète (France) l .
M atériel étudié : 30 individus colorés et montés in toto ; 5 individus débités en coupes
sériées sagittales et transversales.
Type et paratype déposés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris (collection hel-
minthologique) sous les numéros : Ti 178 et Ti 179.
* Euzet Louis, Laboratoire de Parasitologie comparée, Université des Sciences et Techniques du Langue¬
doc, place K. Bataillon, 34060 Montpellier-CED EX.
Suriano Délia M., Instilulo de biologia marina, Casilla de Correo 175, Playa Grande, Mar del Plata r
Argent ina.
1. M. M. H. Ktari a retrouvé ce parasite en petite quantité sur les branchies du même hôte Aspitrigla
obscura dans le golfe de Tunis (communication personnelle).
808
LOUIS EUZET ET DELIA M. SURIANO
Les adultes, légèrement aplatis dorso-ventrale-
ment, sont de petite taille. La longueur totale varie
de 1 mm à 1,5 mm et la largeur de 0,3 mm à 0,4 mm
au milieu du corps. Le hapteur postérieur porte
quatre paires de pinces et une importante languette
terminale, armée de trois paires de crochets (fig. 1).
Chaque pince, à ouverture ventrale, est formée
par deux mâchoires musculeuses, une antérieure
et une postérieure, soutenues par des pièces rigides
ou sclérites.
Les pièces ont une disposition caractéristique
déjà décrite par Llewellyn, en 1956, chez le type
de la famille, Plectanocotyle gurnardi (Van Beneden
et Liesse, 1863) et retrouvée, en 1960, par Euzet et
Trilles chez Octolabea turchiriii.
Les pinces paraissent plus comprimées antéro-
postérieurement que celles de Plectanocotyle gur¬
nardi. Elles mesurent de 60 p à 70 p de largeur et
de 50 p à 55 p de hauteur. Dans la mâchoire anté¬
rieure, une pièce médiane a se termine ventralement
en pointe mousse à mi-hauteur. Dorsalement, a se
courbe en U et passe dans la mâchoire postérieure.
Les lèvres de la mâchoire antérieure sont soutenues
par les sclérites b, qui débutent ventralement tout
près du plan médian sur lequel ils paraissent soudés.
Puis, de chaque côté, les sclérites b, en formant un
quart de cercle, suivent le bord latéral de la mâchoire
jusque dans la région dorsale. Là, ils se replient et
se prolongent dans la partie postérieure de la pince
(fig. 3).
Dans la mâchoire postérieure, le sclérite a forme
dans le quart dorsal un léger élargissement médian
percé de nombreux pores. Un sclérite trapézoïdal
lui fait suite et occupe, dans la moitié ventrale,
toute la largeur de la mâchoire. Cette pièce f est
percée d’uu trou central où, comme chez Plectano¬
cotyle, passe le tendon terminal du système muscu¬
laire qualifié par Llewellyn d’extrinsèque. Les
lèvres de la mâchoire postérieure sont soutenues
Fig. 1. — Pleclanocolyloides obscurum n. g., n. sp. Animal
in toto en vue ventrale.
1
PLECTANOCOTYLOIDES OBSCURUM N. G., N. SP.
809
par les sclérites c. Nous distinguerons dorsalement, à droite et à gauche, la partie c x du
sclérite en lame articulée sur b au niveau de leur courbure dorsale. Les parties c 2 droites
et gauches, unies ventralement sur la ligne médiane, forment une large et mince plaque
légèrement épaissie sur le bord distal. Cette plaque occupe toute la moitié ventrale de la
pince où elle recouvre en partie f (fig. 2).
La languette postérieure est armée de trois paires de crochets (fig. 4). Les crochets
postérieurs mesurent 40 p à 42 p de longueur (fig. 5). La lame développée (20 p), légèrement
amincie dans sa partie recourbée, se termine par une pointe acérée qui fait saillie à la surface
ventrale. La garde (5 p) est nette. Le manche long (22 p) se rétrécit dans sa moitié distale
et forme une partie légèrement arquée dont l’extrémité aiguë sort à la surface dorsale de
la languette.
Les crochetons postéro-latéraux sont de petits crochetons larvaires à ogive qui ne
semblent pas avoir un rôle fonctionnel important (fig. 6).
Les hamuli, par contre, sont grands (45 p-48 p) (fig. 7). Comme chez les crochets pos¬
térieurs, la lame, amincie dans sa moitié terminale, forme un croc dont l’extrémité aiguë
fait saillie à la face ventrale, tout près de la pointe des crochets postérieurs. Sur cette face
ventrale de la languette, la garde relativement longue (16 p), terminée en pointe mousse,
Fig. 2 à 7. — Plectanocotyloides obscurum n. g., n. sp. 2, squelette d’une pince, vue postérieure ; 3, sque¬
lette d’une pince, vue antérieure ; 4, languette postérieure vue de trois quarts ventrale ; 5, crochet posté¬
rieur ; 6, crocheton postéro-latéral ; 7, hamuli.
810
LOUIS EUZET ET DELIA M. SURIANO
détermine une bosse. La garde est, en effet, perpendiculaire à un manche assez long (18 p)
qui, enfoncé antérieurement dans les tissus de la languette, dessine une saillie dorsale.
Deux faisceaux de muscles longitudinaux parcourent le hapteur et viennent s’attacher
sur une bride musculaire qui unit transversalement l’extrémité de la garde des deux hamuli
(fig. 4).
Avec 6 pointes ventrales (4 aiguës : lame des crochets postérieurs et des hamuli et 2
mousses : garde des hamuli) et 4 pointes dorsales (manche des crochets postérieurs et manche
des hamuli), la languette forme un grappin puissant qui, entre les lamelles branchiales,
joue certainement un rôle dans la fixation du parasite (fig. 4).
A l’extrémité antérieure, la bouche s’ouvre au fond d’une dépression en entonnoir,
large de 150 p à 200 p. Sur les bords de cet entonnoir, on distingue une bande de cellules
glandulaires plus large dorsalement. Un petit amas indépendant de ces cellules marque la
région médio-dorsale (fig. 1).
Dans la cavité buccale s’ouvre, de chaque côté, une ventouse musculaire circulaire
qui mesure environ 40 p de diamètre. Sur le plan médian le pharynx, globuleux, a une taille
sensiblement égale (40 p).
L’œsophage court est barré dorsalement par la masse antérieure du système nerveux.
Les deux branches intestinales présentent de chaque côté de petits cæcums latéraux
et axiaux. On les distingue dans la partie centrale du hapteur où elles se terminent en cul-
de-sac en arrière des glandes vitellogènes les plus postérieures.
Système génital
Appareil mâle
Nous avons compté de 12 à 15 testicules globuleux, situés en arrière de l’ovaire entre
les branches digestives et le hapteur. Le canal déférent, ventral à sa naissance, passe dor¬
salement au niveau de l’ovaire et, sinueux, parcourt la ligne médio-longitudinale du corps.
Elargi en une sorte de vésicule séminale dans la région antérieure, il se termine par un étroit
canal qui, formant un coude ventral, débouche vers l’arrière dans la partie dorsale de l’atrium
génital. Celui-ci est marqué par un faisceau de 12 longues épines. Parmi celles-ci, 10 dis¬
posées en cercle sont à section circulaire et mesurent de 175 p à 185 p de longueur. Dans
l’espace ainsi délimité, il y a deux épines plus courtes (135 p à 145 p) en gouttière longitu¬
dinale. Ces deux épines déterminent ainsi une sorte de tunnel central où passe le canal
déférent.
Au niveau de l’atrium on distingue, de chaque côté du corps, des glandes unicellulaires
prostatiques dont la sécrétion s’accumule, de part et d’autre du faisceau, dans un petit
réservoir (110p-120p de longueur et 15 p-20 p de diamètre). Chaque réservoir, droit et
gauche, se continue vers l’arrière par un court conduit. Les deux conduits se rejoignent
sur le plan médian et le canal prostatique ainsi formé pénètre ventralement entre les épines
du faisceau et s’unit, dans le tunnel central, au canal déférent. Les épines qui entourent
jusqu’à l’ouverture génitale le canal ainsi formé peuvent jouer le rôle d’organe intromet-
teur.
Appareil femelle
L’ovaire tubulaire allongé est situé au milieu du corps. Débutant sur le côté gauche,
PLECTANOCOTYLOIDES OBSCURUM N. G., N. SP.
811
il forme une boucle complète avec une partie transversale antérieure et une région descen¬
dante droite. La partie terminale ascendante et l’oviducte qui la continue sont ainsi amenés
à croiser ventralement la partie transversale.
Immédiatement en avant de cette partie transversale, l’oviducte donne le canal génito-
intestinal qui descend le long de l’ovaire et se jette dans la branche droite de l’intestin.
Sur le plan médian, l’oviducte remonte alors légèrement puis dessine un coude au niveau
duquel débouche le vitelloducte impair. La branche descendante de l’oviducte, entourée
de nombreuses cellules glandulaires, suit le côté gauche de l’ovaire. L’oviducte forme alors
une anse postérieure dont la partie ascendante, élargie, représente l’ootype marqué à la base
par le débouché des glandes de Meldis. Ces glandes très nombreuses sont situées un peu
plus en arrière entre l’ovaire et les vitellogènes. L’ootype à parois très glandulaires atteint
le plan médio-longitudinal. Là, il se continue par l’utérus ventral qui aboutit à la partie
postérieure de l’atrium génital marqué par le faisceau d’épines de l’appareil mâle.
Les follicules des glandes vitellogènes latérales entourent de chaque côté les branches
du système digestif. Elles débutent au niveau de l’atrium génital et se terminent à la limite
antérieure du hapteur où (“lies se rejoignent en arrière des testicules. Les vitelloductes
transverses, rarement observés, se détachent en avant de l’ovaire et s’unissent sur la ligne
médiane pour former le vitelloducte impair qui se jette dans le coude antérieur de l’ovi-
ducte.
Les œufs fusiformes ont un long filament polaire postérieur et un pôle antérieur arrondi
où l'on distingue l’opercule. Ils mesurent environ 150 p. de longueur et 50 p de largeur.
Malgré plusieurs tentatives, nous n’avons pu obtenir la larve gyrodactyloïde nageante.
Discussion
L’anatomie de l’espèce que nous venons de décrire ressemble beaucoup à celle de
Plectanocotyle gurnardi. Les pinces du hapteur ont la même disposition des sclérites, mais
le nombre de pinces (6 chez Plectanocotyle , 8 chez le parasite d’ Aspitrigla obscurci) permet
de distinguer facilement les deux Monogènes.
Parmi les genres et espèces qui sont actuellement placés dans la famille des Plectanoco-
tylidae, deux possèdent aussi 8 pinces. Il s’agit de : Octolabea turchinii Euzet et Trilles,
1960, et de Octoplectanocotyla trichiuri Yamaguti, 1937.
Octolabea turchinii est un parasite que l’on a récolté uniquement sur Peristedion cata-
phractum. Dans le hapteur, les pinces en ventouse hémisphérique ont une morphologie
particulière et, en outre, ce hapteur n’a pas de languette postérieure armée de crochets.
L’appareil génital mâle ne compte qu’un seul testicule et les épines de l’atrium génital
sont beaucoup plus petites (80 et 60 p).
En 1963, Yamaguti a considéré ce Monogène comme le type d’une famille nouvelle,
celle des Octolabeidae. Nous ne pouvons suivre cette proposition, les caractères invoqués
étant trop peu importants pour placer le parasite que nous avons décrit chez Peristedion
dans une famille distincte. Nous pensons qu’ Octolabea doit être conservé parmi les Plecta-
nocotylidae.
812
LOUIS EUZET ET DELIA M. SURIANO
La place d ’Ocloplectanocotyla trichiuri Yamaguti, 1937, dans cette famille des Pleeta-
nocotylidae nous paraît douteuse. Il y a quatre paires de pinces au hapteur, mais la dispo¬
sition des sclérites des pinces n’est pas identique. En particulier, les deux pièces C 2 ne sont
pas unies sur le plan médian. L’anatomie, avec un appareil mâle comportant des testicules
en arrière et en avant de l’ovaire, est très différente et nous rappelle une anatomie de Gas-
trocotylidae. L’hôte Trichiurus japonicus est un poisson pélagique.
Tripatiii semble avoir retrouvé cette espèce aux Indes sur les branchies de Trichiurus
mutions et Trichiurus scwala. Mais le dessin qu’il donne du squelette des pinces, où les pièces
C x paraissent absentes, est différent de celui de Yamaguti. Il est certain que ces parasites
de Trichiurus devront être revus pour statuer sur leur position systématique.
Les deux Plectonocotylidae à 4 paires de pinces ne peuvent donc être confondus avec
1 espèce que nous venons de décrire.
Par contre, les individus étudiés correspondent au Monogène que Bychowsky a signalé,
en 1957, sous le nom d’ Octoplectanocolyle. Nous avons pu revoir ci' matériel récolté, en 1928,
à Naples sur les branchies de Trigla gurnardus L
Nous considérons donc le parasite branchial d’ Aspilrigla ohscura comme une espèce
nouvelle dont nous faisons le type d’un nouveau genre. Nous proposons de la nommer :
Plectanocotyloides obscurum n. g., n. sp.
Le nouveau genre Plectanocotyloides se définira ainsi :
Plectanocotylidae à quatre paires de pinces à squelette caractéristique. Languette
postérieure développée, avec 3 paires de crochets. Ouverture buccale apicale en entonnoir.
Plusieurs testicules. Atrium génital antérieur marqué par un faisceau de 10 épines périphé¬
riques et 2 centrales. Glandes et réservoir prostatique latéraux développés. Ovaire tubulaire
replié en a. Vagin absent. Œuf fusiforme à long filament postérieur.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Bychowsky, R. E., 1957. — Monogenetic trematodes, their syst.ematic and phylogeny (en russe).
Akad. Nauk. URSS, 509 p. Traduction anglaise par A.I.B.S., Wash. D.C., W. J. Hargis Jr
(ed), 1961. V.I.M.S. Transi. Ser. n» 1.
Euzet, L., et J. P. Trilles, 1960. — Octolabea turchinii n. g., n. sp. (Plectanocotylidae), un Mono¬
gène nouveau, parasite de Peristedion cataphractum (L.). A unis Parasitai, hum. cornp.,
35 (4) : 504-508.
Llewellyn, J., 1941. — The taxonomy of the monogenetic trematode Plectanocotyle gurnardi
(V. Beneden et liesse). Parasitology, 33 (4) : 428-437.
— 1956. — The adhesive mechanisms of monogenetic trematodes : the attachment of Plec¬
tanocotyle gurnardi (V. Beneden et liesse) to the gills of Trigla. J. mur. biol. .Iss. P.K.,
35 : 113-127.
Sproston, N. G., 1946. — A svnopsis of the monogenetic trematodes. Trcins. zool. Soc. Tond.,
25 (4) : 185-600.
Tripathi, Y. R., 1959. — Monogenetic trematodes from fishes of India. Indien J. Iielminth ., 9
(1/2), 1957 (1959) : 1-149.
1. Nous remercions AI. R. E. Bychowsky, Académicien, qui a eu l’amabilité de nous envoyer pour
comparaisons les préparations originales.
PLECTAINOCOTYLOIDES OBSCURUM N. G., N. SP.
813
Yamaguti, S., 1937. — Studies on the liclminth fauna of Japan. Part. 19. Fourteen new ectopa-
rasitie trematodes of flshes. Publié par l’auteur, 28 p.
— 1963. — Systema helminthum. 'N ol. IV. Monogenea and Aspidocotylea. Interscience Div.
John Wiley and Sons Inc., N. Y., 699 p.
Manuscrit déposé le 16 août 1972.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris , 3 e sér., n° 137, mai-juin 1973,
Zoologie 101 : 807-813.
Achevé d'imprimer le 31 janvier 1971.
Nouvelles données sur
Paracyclocotyla cherbonnieri Dollfus, 1970 (Monogenea)
par Robert Philippe Dollfus et Louis Euzet *
Résumé. — Complément à la description de la morphologie et de l’anatomie de Paracyclo¬
cotyla cherbonnieri. L’hôte, Alepocephalus rostratus Risso, 1820 (Téléostéen Alepocephalidae), est
précisé d’après une récolte en Méditerranée.
Abstract. — The description of the morphology and the anatomy of Paracyclocotyla cher¬
bonnieri is completed. The précisé détermination of the host, Alepocephalus rostratus Risso,
1820 (Teleostei Alepocephalidae), is given from specimens collected in the Mediterranean Sea.
L’un de nous a récemment décrit un Monogène Polyopistliocotylea trouvé libre en dix
exemplaires parmi les matériaux récoltés par un chalutage au large de la Bretagne.
Ce Monogène correspond dans son ensemble à un animal récolté en un seul exemplaire
sur la face interne de l’opercule d’Alepocephalus rostratus Risso, 1820. Le poisson a été
pêché le 24 juillet 1957 par 1 000 mètres de fond, lors d’une campagne en Méditerranée
du « Président Théodore Tissier ». Ces chalutages profonds étaient organisés par l’ISTPM
pour explorer les fonds susceptibles d’être exploités dans le golfe du Lion.
La présence d’ Alepocephalus rostratus parmi les poissons du chalutage du 5-XII-1968
où ont été récoltés les Monogènes libres nous confirme que ce Téléostéen est l’hôte normal
de Paracyclocotyla cherbonnieri.
L’habitat particulier, face interne de l’opercule d’une cavité branchiale très largement
ouverte, est peut-être la cause du détachement du parasite que l’on a ainsi retrouvé lors
de l’examen minutieux du fond de chalut.
L’unique individu récolté au large de Sète a été fixé très aplati entre lame et lamelle
et coloré in toto avec le carmin au borax b S’il n’a pu servir de base à la description d’une
nouvelle espèce, il permet maintenant de préciser certains points de l’anatomie de Paracy¬
clocotyla cherbonnieri.
La morphologie générale est celle de la description originale. Le corps allongé forme
un étroit pédoncule postérieur qui vient s’attacher à la face dorsale du hapteur. Celui-ci,
* Dollfus Robert Philippe, Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d’His-
toire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris.
Euzet Louis, Laboratoire de Parasitologie comparée, Université des Sciences et Techniques du Langue¬
doc, place E. Bataillon, 34060 Montpellier-CEDEX.
1. Matériel déposé au Muséum national d’Histoire naturelle (collection helminthologique) sous le
numéro Ti 186.
816
ROBERT PHILIPPE DOLLFUS ET LOUIS EUZET
subcirculaire, présente huit pinces ventouses circulaires (quatre paires), nettement sessiles.
Dans ce liapteur aplati, les pinces sont séparées mais les tissus sont plissés dans l’intervalle
qui les sépare.
Entre les pinces de la paire postérieure, on peut distinguer une languette ventrale
portant deux paires de crochets larvaires de taille inégale (fig. 1).
Les pinces sont en cupule surbaissée très largement ouverte ventralement. Les parois
musculaires présentent des pièces sclérifiées dont la disposition est identique à celle des
individus types.
Mais, lorsque l’on examine en détail le squelette de ces pinces, on remarque immédia¬
tement qu’il est beaucoup plus symétrique que celui de Cyclocotyla et ne peut se comparer
qu’à celui des pinces de Dicliduphoropsis tissieri décrit par Gallien en 11)37. En particulier,
la pièce qui marque le plan médian est terminée en T à branches égales à son extrémité
distale et forme deux expansions transversales subégales au centre de la pince.
Les sclérites subdivisent la ventouse en quatre quadrants. Dans le quadrant antérieur
axial (interne) on distingue, dans les huit pinces, une structure musculaire faiblement
marquée mais nette.
La bouche subterminale, ventrale, s'ouvre très largement à l’extrémité antérieure.
Les deux ventouses buccales ovalaires, puissantes. 11 e paraissent pas avoir de septe trans¬
verse. Le gros pharynx piriforme fait légèrement saillie en avant de l’ouverture buccale,
fl se peut que cela résulte de l’aplatissement de l’animal lors de la fixation.
L’appareil génital mâle comprend dis 1res nombreux testicules serrés les uns contre
les autres et contenant chacun les divers stades de la spermatogenèse. Le canal déférent
très contourné, bourré de spermatozoïdes, occupe la face dorsale dans la partie antérieure
du corps en avant de l’ovaire. Dans la région du pore génital le canal se rétrécit brusquement
et pénètre, par un conduit à lumière très étroite, dans une chambre à parois minces. Celle-ci
se continue ventralement par l’atrium génital (musculeux) marqué par deux couronnes
de crochets, une dorsale et une ventrale (fig. 2).
La couronne dorsale, qui paraît postérieure, compte six grosses épines caractéristiques.
Ces épines à base massive, solidement implantée dans la paroi musculaire, ont une lame
recourbée dans la lumière atriale. La lame pliée en V forme une sorte de gouttière qui est
terminée par une pointe aiguë tournée dorsalement. Ces six épines sont semblables à celles
qui arment l’atrium génital de divers Diclidophoridae que nous avons pu examiner : Dicli-
dophora, Choricotyle, Cyclocotyla.
La couronne ventrale, qui paraît antérieure, se compose de douze épines plus petites.
La base rectiligne est enfoncée dans la musculature de l’atrium. La pointe est en croc,
dirigée ventralement dans la lumière atriale.
L’appareil génital femelle se compose d’un ovaire sinueux qui débute par une masse
importante sur le côté droit du corps (fig. 3). Il dessine un large chevron à sommet antérieur
et passe sur le côté gauche où il forme un coude en épingle à cheveux. L’ovaire remonte
alors parallèle à lui-même jusqu’au sommet du chevron où il donne l’oviducte.
Celui-ci descend en suivant l’ovaire et sur ce trajet reçoit le débouché du réceptacle
séminal. L’oviducte croise la branche ascendante de l’ovaire juste avant la masse initiale.
A ce niveau se détache le canal génito-intestinal qui va dans la branche droite du système
digestif. L’oviducte reçoit alors le vitelloducte médian, puis dessine sur le côté gauche une
anse postérieure. Sur la branche ascendante de celle-ci, le débouché en couronne de glandes
0,1 mm
F ig . 1-3. — Paracyclocotyla cherbonnieri Dollfus, 1970. 1, Animal in toto en vue ventrale, sauf le hapteur-
qui est replié ; 2, détail de l’atrium génital en vue ventrale ; 3, disposition anatomique du complexe
génital en vue ventrale. Def, canal déférent; GI, génito-intestinal; GM, glandes de Mehlis ; Oot, ootype ;
Ov, ovaire ; Ovd, oviducte ; RS, réceptacle séminal ; T, testicule ; Ut, utérus ; Vit, glandes vitellogènes
Vtd, vitelloduete.
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ROBERT PHILIPPE DOLLFUS ET LOUIS EUZET
de Mehlis marque la base de l’ootype. Ces cellules glandulaires sont situées de part et d’autre
de l’oviducte et leur canal est très long. La paroi de l’ootype musculeux est couverte de nom¬
breuses cellules glandulaires. L’utérus cilié, qui lui fait suite, remonte ventralement sur
la ligne médiane jusqu’au pore génital (fig. 3).
Les glandes vitellogènes latérales entourent complètement les branches intestinales
et leurs ramifications et les accompagnent jusqu’au centre du hapteur. Les vitelloductes
transverses se réunissent en chevron très ouvert en avant de l’ovaire. Du sommet posté¬
rieur se détache le vitelloducte impair ventral qui forme une petite anse avant de se jeter
dans l’oviducte.
Il n’y a pas de vagin. Ce que nous avons signalé comme tel est en réalité le débouché
du système excréteur, particulièrement dilaté chez un individu.
Par contre, il existe un réceptacle séminal. C’est une grosse poche bourrée de sperma¬
tozoïdes, située sur le côté droit du corps entre l’utérus, le canal déférent et l’ovaire. Un
fin canal assure sa communication avec l’oviducte.
L’anatomie, telle que nous venons de la préciser, est donc dans son ensemble identique
à celle de Diclidophora, Cyclocotyla et Choricotyle.
Avec les précisions que nous venons d’apporter à la morphologie et à l’anatomie de
Paracyclocotyla cherbonnieri, nous sommes amenés à reprendre la question de la place
systématique de ce Monogène.
Parmi les Diclidophoridae où nous le classons, on a séparé deux sous-familles, les
Diclidophorinae et les Choricotylinae, qui se distinguent par la présence ou non d’une vraie
ventouse musculaire dans la partie antéro-axiale de la pince. Ce caractère nous paraît très
subjectif, car les limites sont difficiles à établir entre une ventouse vraie et la zone muscu¬
laire différenciée qui existe dans cette partie de la pince chez Paracyclocotyla.
Nous pensons que l’on peut distinguer parmi les Diclidophoridae deux unités systéma¬
tiques :
— dans l’une nous placerons les genres dont les organes du hapteur fonctionnent
comme des pinces ( Diclidophora ) ;
— dans l’autre, les genres où ces organes fonctionnent comme une ventouse ( Chori¬
cotyle ).
Si cette manière de voir s’avère exacte nous aurons dans cette deuxième unité deux
groupes :
— l’un avec les espèces possédant des pinces à squelette dissymétrique : Choricotyle-
Cyclocotyla ;
— l’autre avec les espèces possédant des pinces à squelette symétrique : Diclidopho-
ropsis-Paracyclocotyla. Ces deux genres se différencient alors :
Diclidoplioropsis : pinces pédonculées, couronne de crochets à l’atrium génital. Deux
vagins.
Paracyclocotyla : pinces sessiles, deux couronnes de crochets à l’atrium génital. Vagin
absent.
« PARACYCLOCOTYLA CHERBONNIERI » DOLEFUS
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RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE
Dollfus, R. Ph., 1970. — Campagne d’essais du « Jean Charcot » (3-8 décembre 1968). 4. D’un
Trématode monogénétique trouvé libre en dix exemplaires parmi les matériaux récoltés
par un chalutage au large de la Bretagne. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 41 (6), 1969
(1970) : 1522-1530.
Manuscrit déposé le 16 août 1972.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 137, mai-juin 1973,
Zoologie 101 : 815-819.
Achevé d’imprimer le 31 janvier 1974.
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Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauciiot, M.-L., J. Daget, J.-C. LIureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tindergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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